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« La casse à Mimile, c’est bientôt fini »

poste de démontage et dépollution chez Casimir 2000 à AuxerreDépollution et démontage des véhicules en fin de vie vont être soumis à des normes plus strictes. Une entreprise auxerroise a pris les devants.

« Chez nous, ça n’a plus rien à voir avec la casse à Mimile où les chiens aboient. C’est fini », plaisante Romain Ternant. Ce trentenaire a acquis une partie de l’ancien site de Fulmen, avenue Jean Mermoz à Auxerre, pour y installer, depuis près d’un an, son nouveau centre pour véhicules hors d’usage (VHU), sous l’enseigne de la coopérative nationale Caréco.
Le lieu vend des pièces d’occasion « garanties un an et avec une traçabilité totale ».« On est déjà aux futures normes européennes »Il a en effet laissé tomber Casimir 2000, qui était « une casse pure et dure à l’ancienne », qu’il exploitait auparavant en tant que locataire, route de Chablis, dans le chef-lieu icaunais. Le propriétaire ne voulait pas vendre. Et le secteur a été classé en zone verte.
Romain Ternant a donc quitté ce lieu. L’achat du nouveau site et du matériel a représenté « un investissement de 1,7 M€ », précise le patron, qui emploie désormais 21 salariés, soit cinq de plus que précédemment.« J’ai eu auparavant la possibilité de m’installer sur un terrain de Brienon-sur-Armançon, ce qui aurait nécessité d’investir 3,5 M€, avec un bâtiment dont la surface de 2.500 m2 ne représentait que la moitié de ce que j’ai actuellement. Si nous n’avions pas eu l’opportunité de l’ex-site Fulmen, je pense qu’on aurait arrêté notre activité », ajoute le responsable de Caréco. Mais cette nouvelle implantation a permis de devancer l’appel par rapport aux nouvelles normes environnementales imposées par une directive européenne, à compter du 1er janvier 2015 (lire par ailleurs). En effet, le nouveau site est déjà conforme à la législation qui sera en vigueur dans deux ans, notamment grâce à ses sols extérieurs en dur, donc étanches. L’endroit, autant dehors que dedans, est de fait une véritable clinique de déconstruction et recyclage des voitures et motos en fin de vie.
Désormais, des appareils y assistent le personnel afin qu’il n’ait plus à porter des charges de plus de 15 kg.Dans l’Yonne, cette entreprise est la seule de ce domaine à avoir mis en place une vraie chaîne de démontage. Actuellement, les normes imposent le recyclage à 85 % des VHU. À partir de 2015, il faudra recycler 95 % du poids d’un véhicule en fin de vie. « Pour notre part, on y est déjà, souligne Romain Ternant. Dans ce pourcentage, la totalité des pièces de métal non vendables est recyclée. Nous l’expédions vers un broyeur, en Seine-et-Marne, car il n’y en a pas dans l’Yonne. »Le recyclage ne suit pasPour d’autres matières, déplore le chef d’entreprise, « les filières de recyclage n’ont pas les capacités de traitement des volumes qu’on démonte, notamment pour certains plastiques qui font donc partie des 5 % partant à l’enfouissement ». Idem « pour les mousses des sièges et de tableaux de bord, dont on ne sait que faire ». Alors que sur le papier, « tout est recyclable ». Pour le verre, ça ne suit pas non plus. « La filière de recyclage existe, mais elle ne peut engloutir le volume, donc pour le moment on laisse les vitres sur les voitures. »

Avec sa nouvelle modernité, l’entreprise accueille de nouveaux clients. « On a maintenant des femmes et des jeunes qui ne seraient jamais venus lorsqu’on était route de Chablis ». Peut-être de quoi compenser l’arrêt de la prime à la casse (fin de l’année 2010). Quand cette mesure était en vigueur, la société rentrait « jusqu’à 3.600 voitures par an. En 2012, on en a traité 2.600 ».
Yves Allain
yves.allain@centrefrance.com

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